Contradictions

Publié le

Comment rester silencieux après la publication des compte-rendus du Conseil municipal de Roscoff du 18 décembre 2009. 


Parmi les diverses questions abordées, une revêt à mes yeux un caractère très symbolique. 


Le déclassement du cimetière du Vil.

 


Le sujet doit être abordé sur le fond et sur la forme.


Sur le fond : 


Quel est le problème ? 

 

Officiellement, l’état des certaines tombes crée une insécurité. 


Les solutions existent. La loi permet de reprendre les concessions lorsque l’état d’abandon a été dûment constaté, de même s’il y a danger. 

 

Une fois supprimés ces points d’insécurité, un aménagement donnant à ce lieu plus de dignité,  permettant aux visiteurs d’y trouver un espace pour se poser, pour méditer est une idée tout à fait intéressante. ( voir Cimetière de Sète )

 

Il n’y a aucune raison de déclasser le cimetière pour cet aménagement. 

 

Le seul effet du déclassement est d’ouvrir une incertitude sur le devenir de ce cimetière après les délais prévus par la loi. C’est précisément ce risque-là qui est inacceptable. 

 

Ce cimetière « marin » fait partie du patrimoine original de Roscoff (petite cité de caractère). 

 

On ne peut pas d’un côté constater que dans notre société, un malaise est ressenti en partie dû à la perte des racines et en même temps effacer, supprimer ce qui rappelle directement des moments importants de l'histoire d'une collectivité. 

 

Ce cimetière a été créé en 1833 à un moment où la ville de Roscoff était extrêmement pauvre, et qu’elle était victime du choléra (90 décès en 5 semaines). 

 

Qu’en pensent les familles concernées qui découvrent dans la presse la fermeture de leur cimetière ?

 

Voir Histoire du cimetière du Vil



Sur la forme : 


Il a été dit : " Cette procédure est entamée depuis longtemps, il n’y a plus de temps à perdre".

 

Peut-être, mais sauf erreur :


  • Il n’y a pas eu beaucoup de communications sur la question.
  • Au cours des dernières années la question n’a pas été publiquement évoquée.
  • Le déclassement du cimetière n’a pas été annoncé dans les documents des campagnes électorales.

La contradiction flagrante s’est avérée au cours du dernier conseil. 

 

Le vote sur le déclassement du cimetière est voté à la hâte, presque à la hussarde, quelques minutes après avoir voté sur l’Agenda 21 où il est dit ceci :  

 

«  Orientation n°11 : Favoriser la démocratie participative,

Action n°39 : Améliorer la concertation avec les habitants,

  • poursuivre les actions engagées en matière de sensibilisation au développement durable,
  • créer des commissions extra-municipales en amont des projets,
  • développer les réunions de quartier avec la population en présence d’élus,
  • maintenir le conseil municipal des enfants,
  • créer un conseil municipal des jeunes,
  • créer un conseil des anciens,
  • élaborer les projets de territoire en s’appuyant sur une démarche participative (animation de forums, ateliers de travail, tables rondes, etc.)  ,

 

Pourquoi ?


Comment ?


Comment croire à la sincérité d'une telle orientation quand on fait passer en force, sans information publique préalable, un sujet symboliquement fort. Un sujet qui n’allait pas de soi et d’évidence troublait de nombreux élus, y compris des élus de la majorité. 

 

Comment croire à la sincérité de l’engagement de l’Agenda 21, quand on ne laisse pas passer une journée entre sa signature et le non respect de cette signature. 

 

Je suis très attaché à l’esprit de l’Agenda 21. 

Mais cet Agenda 21 n’est pas un catalogue. C’est un choix qui modifie profondément les habitudes.

C’est une ligne de conduite des actions qui doivent être réalisées avec une programmation chronologique et financière. 

 

L’Agenda 21 n’est pas le moyen d’avoir une médaille, un label de plus à montrer comme les médailles que l’on accroche à sa vareuse.


medailles-2

 

 

 

Publié dans Avis de citoyen

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article